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lundi 11 mai 2015

Les perturbateurs endocriniens

Les perturbateurs endocriniens

« Nous pulvérisons les ormes, et au printemps suivant nul merle n’y chante… parce que le poison a fait son chemin, pas à pas, de la feuille de l’orme au vers, puis du vers au merle »
        Rachel Carson


On entend de plus en plus parler des perturbateurs endocriniens... Qui sont-ils ? Où les trouvent-ont ? Quelles sont les conséquences ?

Je méconnais complètement le sujet... N'ayant pas de professionnel sous la main, je me tourne naturellement vers la toile afin de trouver quelques réponses à mes questionnements :

Qu'est-ce que le système endocrinien?

Le système endocrinien est composé de glandes qui ne sont pas dotées de canaux et d'autres structures semblables. Le système endocrinien comprend les ovaires, les testicules, les glandes thyroïde, parathyroïdes et surrénales, l'hypophyse, l'épiphyse cérébrale, le pancréas ainsi que les cellules sécrétrices d'hormones situées dans le tube digestif, les reins, le cœur et le placenta. Les glandes endocrines sécrètent des substances chimiques appelées hormones, alors que les autres glandes de l'organisme produisent d'autres substances ou liquides; par exemple, les glandes lacrymales sécrètent les larmes, les glandes salivaires produisent la salive et les glandes sudoripares sécrètent la sueur.
Le système endocrinien
Les hormones (aussi appelées « messagers chimiques ») qui sont produites par les glandes endocrines pénètrent dans les capillaires (et les vaisseaux lymphatiques) de l'appareil circulatoire. Elles se déversent dans la circulation sanguine jusqu'à des « récepteurs » spécifiques situés dans les organes ou les systèmes cibles, où elles peuvent déclencher leurs effets biologiques.
Le système endocrinien est important parce qu'il coordonne et régule nombre des fonctions essentielles de l'organisme, comme :
  • la croissance et le développement
  • le comportement
  • la reproduction et le développement de l'embryon
  • la production, l'utilisation et le stockage de l'énergie
  • l'équilibration et le maintien électrolytiques (eau et sel) dans l'organisme
  • la réaction aux stimuli par ex. peur, agitation)

Qu'est-ce qu'un dérèglement du système endocrinien?

Une substance peut perturber le fonctionnement normal du système endocrinien de trois façons :
  1. La substance peut imiter une hormone naturelle et se fixer sur le récepteur cellulaire. Le signal émis par la substance perturbatrice peut alors être plus fort que celui de l'hormone naturelle ou se manifester au « mauvais » moment.
  2. La substance peut se lier à un récepteur cellulaire, ce qui empêche la bonne hormone de se lier au récepteur. Le signal normal n'est pas émis et l'organisme ne réagit pas comme il le devrait.
  3. La substance peut gêner ou bloquer le mécanisme de production ou de régulation des hormones ou des récepteurs. Cette perturbation, ou entrave, survient seulement en présence de doses relativement importantes de la substance.
Lorsque la substance perturbatrice stimule ou inhibe le système endocrinien, la quantité d'hormone produite peut être supérieure ou inférieure à la normale. Dans certains cas, même une dose infime du perturbateur endocrinien peut avoir un effet détectable. En outre, de petites quantités de diverses substances chimiques qui perturbent le système endocrinien peuvent avoir un effet cumulatif. Dans certains cas, les sous-produits peuvent avoir un effet plus nocif que la substance chimique d'origine.

Quelles substances peuvent perturber le système endocrinien?

L'éventail des substances qui perturbent le système endocrinien est large et varié et il comprend des substances naturelles ou synthétiques. Des perturbateurs du système endocrinien présents dans l'environnement peuvent avoir des conséquences même à de très faibles concentrations.
Nombre de végétaux et d'animaux produisent des substances qui agissent sur le système endocrinien. Bien que certaines de ces substances soient toxiques, elles peuvent avoir des effets bénéfiques dans quelques cas. Par exemple, certains « perturbateurs endocriniens » ont été utilisés dans la régulation des naissances (pilule anticonceptionnelle) et dans le traitement du cancer (corticostéroïdes), des troubles psychiatriques ou autres. Des concentrations anormalement élevées de substances naturelles, comme les hormones sexuelles ou les phytoestrogènes (substances végétales ayant des effets semblables à ceux de l'œstrogène), peuvent être présentes dans les déchets industriels, agricoles et municipaux. L'exposition à ces déchets peut provoquer des réactions chez l'être humain et la faune (poissons ou oiseaux).
Des perturbateurs du système endocrinien sont présents également dans les substances chimiques synthétiques utilisées comme solvants industriels, les lubrifiants et leurs sous produits. Ces substances englobent les polychlorobiphényles (PCB), les polybromobiphényles (PBB) et les dioxines. Le bisphénol A (BPA) des plastiques, le dichlorodiphényltrichloroéthane (DDT) des pesticides, la vinclozoline des fongicides et le diéthylstilbestrol (DES) des agents pharmaceutiques sont d'autres exemples de perturbateurs endocriniens. Certains métaux, p. ex. le cadmium, le mercure, l'arsenic, le plomb, le manganèse et le zinc, perturbent également le système endocrinien.
De nombreux produits de consommation comme les cosmétiques, les produits d'hygiène personnelle et les produits nettoyants (en particulier les produits parfumés) contiennent des mélanges complexes de substances chimiques qui ont des propriétés responsables d'une perturbation du système endocrinien.


Quelques perturbateurs endocriniens :
  • HYDROCARBURES AROMATIQUES POLYCYCLIQUES (PAH) (fumées de cigarette, vapeurs de diesel, barbecue)
  • PHTALATES (plastiques souples, bouteilles huile, PVC…)
  • BISPHENOL A (emballages alimentaires, barquettes margarines, revêtements conserves, tickets de caisse…)
  • HALOGENOPHÉNOLS (désinfectants)
  • PCB (rivières, poissons)
  • DDT (pesticide interdit mais rémanent dans environnement et retrouvé dans les viandes), atrazine, éthylène thiourée, heptachlor, lindane, chlrodane, malathion.
  • ALKYLPHENOLS (détergents, plastiques, pesticides)
  • PARABEN (cosmétiques, médicaments…)
  • 4MBC (crèmes et huiles solaires)
  • PBDE (polybrominated diphenyl ethers – retardateurs de flammes trouvés dans moquettes, mousse coussins, textiles, literie, voitures, télévisions…)


Perturbateurs endocriniens probables :
  • benzène
  • xylène
  • styrène
  • éthers de glycol
  • métaux lourds comme le plomb et le mercure

Des centaines de perturbateurs endocriniens en envahi l’air, l’eau, les aliments, les logements, les transports, les lieux de travail, les cosmétiques… même les jouets et de là les animaux, les hommes, les femmes, les femmes enceintes, les fœtus, les bébés, les enfants…

C’est ce qui explique qu’ils peuvent modifier l’identité sexuelle d’un bébé in utero, entraîner des malformations génitales, des perturbations psycho-comportementales, de l’infertilité et des cancers hormono-dépendants….


Sources : 
www.lanutritherapie.fr
www.cchst.ca
fr.reuters.com
www.who.int/fr/


En fait, il y en a partout !!! 
Mais comme nous sommes dans un pays de constats...

Pauvres de nous !


dimanche 18 mai 2014

Le lait de vache est-il bon pour la santé ? pas si sûr...

Le lait de vache est-il bon pour la santé ?

pas si sûr...


Longtemps considéré comme un aliment indispensable à notre équilibre alimentaire, et source de santé, le lait n’a résolument pas la cote dans des régimes anti-cancer. Faut-il pour autant le diaboliser ? Le Dr Eric Ménat, médecin spécialisé dans les maladies de la nutrition, et diplômé en carcinologie clinique nous aide à faire le tri dans ces idées reçues.


La consommation de lait de vache favoriserait l’apparition de certains cancers. 
Vrai. Des études ont montré que les grands buveurs de lait font plus de cancers de la prostate. Probablement parce que le lait contient des facteurs de croissance, pouvant de toute évidence faire croître les tumeurs. (Ce sont ces mêmes facteurs de croissance qui font prendre 250 kilos en 18 mois à un veau !) Le problème vient également de l’alimentation actuelle des vaches, composée le plus fréquemment d’ensilage contenant des pesticides, et des excès d’oméga-6 pouvant augmenter la teneur en xéno-oestrogènes dans le lait. Ces hormones ont une incidence sur les cancers hormono-dépendants, comme celui de la prostate, mais aussi du sein, de l’ovaire et du corps de l’utérus. C’est d’ailleurs même encore plus vrai pour le cancer du sein, car le lait est aussi très riche en acides gras trans, augmentant encore les risques pour ce cancer. Quant à l’impact du lait sur tous les autres cancers, les études manquent. Mais les facteurs de croissance pouvant agir sur les tumeurs, en général, il y a des raisons de se méfier.


Le lait protège du cancer colorectal.
Vrai et faux. D’une certaine façon oui, car le calcium qu’il contient se combine aux hydrocarbures (molécules dérivées de la cuisson) responsables du cancer colorectal. Ainsi, il les rend moins toxiques, et  favorise leur élimination. Mais le calcium ne se trouve pas que dans le lait. On peut donc très bien se protéger du cancer colorectal en ne buvant pas de lait, mais en consommant des compléments alimentaires ou d’autres aliments riches en calcium. Exemple : une portion d’emmental de 40g contient 474 mg de calcium. 200g (ou 20cl) de lait entier UHT, n’en contiennent que 238 mg

Il faut bannir le lait de notre alimentation.
Plutôt vrai. Les personnes ayant déjà eu un cancer, ou ayant un risque de cancer familial,  ou dont le PSA est très élevé, ont toutes les raisons de l’éliminer de leur alimentation. Les autres non. Mais elles doivent quand même s’interroger sur le fait que l’homme est le seul animal à continuer à boire du lait une fois sevré. Et ne pas oublier que le lait contient plus d’éléments néfastes pour la santé que de bons apports, comme le calcium. Et que ce calcium, qui nous est indispensable, il est possible de le trouver ailleurs, dans d’autres aliments (400 mg de calcium dans 100 g de sardines à l’huile égouttées, 201 mg de calcium dans 150 g de bar, 200 mg de calcium dans 100 g de tofu) voire d’autres produits laitiers (382, 5 mg de calcium dans 30 g de parmesan, 254 mg calcium dans  40 g de fromage des Pyrénées, 240 mg de calcium dans 40 g de roquefort). Le lait n’est donc indispensable à personne.

Les yaourts et fromages sont plus recommandables que le lait de vache.
Vrai. Ils sont nettement plus intéressants, car ils contiennent moins de facteurs de croissance que le lait, et plus de calcium. De plus, le yaourt est riche en probiotiques, excellents pour la santé. Son lait est fermenté, donc plus digeste et meilleur pour la flore intestinale.  Attention en revanche concernant les fromages qu’il faut choisir AOP, AOC, sous peine de retomber dans des produits fabriqués à partir de lait de vaches nourries à l’ensilage.

Les laits végétaux ( riz, avoine, amande…) et de petits animaux sont meilleurs que le lait de vache.
Vrai. Surtout les laits végétaux qui, en effet, ne contiennent pas de facteurs de croissance. De plus, ils sont la plupart du temps bios, très digestes et modérés caloriquement. Quant aux laits de chèvre et de brebis, eux aussi contiennent des facteurs de croissance, mais en moindre quantité. (Une chèvre et une brebis n’excèdent pas les 60 kilos). Ils sont forcément meilleurs, et recommandables aux personnes qui ne pourraient se passer de lait.

Un lait de vache écrémé ou sans lactose entraîne moins de risques de cancer. 
Faux. Un lait écrémé ou demi –écrémé aura l’avantage de contenir moins d’acides gras trans. Et un lait sans lactose, d’être dépourvu de sucre. Ce qui présente toujours un avantage. Mais attention les facteurs de croissance sont, eux, toujours présentset menaçants dans le cadre d’un cancer.

Les campagnes de santé publique font fausse route en recommandant de consommer trois produits laitiers par jour.
Vrai. Il n’y a pas de justification nutritionnelle à ces campagnes qui sous-entendent que seuls les produits laitiers sont source de calcium. Or, 50 % de nos besoins en calcium proviennent déjà d’autres aliments. Les produits laitiers doivent donc simplement combler les 50 autres % de ces besoins. La recommandation devrait donc être divisée par deux,  et inciter à consommer un produit laitier et demi, deux maximum par jour. L’idéal  pour combler ses besoins en calcium, en évitant les désavantages du lait,  est de consommer un yaourt et une portion de fromage AOP ou AOC par jour, pas plus.
Céline Roussel



Vaut mieux un bon menu, qu'une bonne ordonnance !



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