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jeudi 9 février 2017

Manipulateur - Reconnaître et aider une personne sous emprise

Manipulateurs

Démasquer un manipulateur

Reconnaître et aider une personne sous emprise



La Bull'à'Moa a été sous l'emprise d'un manipulateur pendant quelques années... Un jour elle s'est réveillée, libérée !
Désormais, elle pense seule, décide seule ou presque, car elle a une famille, mais dans le respect de tous !
Oups ! Je parle à la troisième personne. Cette tranche de vie a été éprouvante. Je me sentais sous l'emprise de cette personne, mais j'étais incapable de m'affirmer, de réagir. Parfois, c'était confortable, rassurant... Parfois, c'était humiliant, gênant... J'avais peur de perdre ce lien particulier que j'avais avec cette personne (que j'interprétais comme de l'amour) et de ses colères. J'étais résumé à pas grand chose en fait.

Un beau jour... J'ai osé... J'ai osé dire "STOP !"

Voici quelques articles  :

« Manipulateur » au masculin, mais, l’on peut tout aussi bien lire « manipulatrice » car cela concerne tout autant les femmes que les hommes.

Comment démasquer un manipulateur ?


Conjoint, amis, collègues, enfants ou parents… Les manipulateurs se cachent sous les traits de Monsieur Tout-le-monde – souvent parmi nos proches.
Ces sont des gens calculateurs, narcissiques, pervers et mythomanes qui ne reculent devant rien pour arriver à leurs buts. Les manipulateurs sont de mauvaises personnes qui poussent à la faillite, à l’éclatement d’une famille entière et parfois au suicide… On l’est  dès son plus jeune âge. Il ne s’agit pas d’enfants manquant d’affection ; mais au contraire d’enfants pourris gâtés. Ils jouent souvent les victimes faisant passer leur fratrie pour des bourreaux grâce à des mensonges bien ficelés leur permettant de manipuler leurs parents… Ils deviennent vite de beaux parleurs et séducteurs pour que les autres leurs accordent facilement leur confiance. Ils ne supportent pas l’abandon et continuent à te harceler si tu leur résistes. Voici comment savoir si la personne a bien ce caractère :

1 - Un manipulateur te fera culpabiliser au nom du lien familial, de l’amitié, de l’amour ou de la conscience professionnelle. Au nom de ce lien il te fait pression pour obtenir ce qu’il souhaite de toi. Il va te reprocher par exemple : « tu te dis mon ami et tu refuses portant de m’empreinte cette somme ! ».  Il essaiera de te déstabiliser et culpabiliser pour soutirer la somme… Ou il te dira  aussi : « si tu ne fais pas ça, je ne vois vraiment pas comment tu peux dire que tu m’aimes »…
2 - Le manipulateur profite des ressources des autres ; que ce soit de l’énergie, du temps, argent, travail, résultats, estime, admiration… il « réussit à faire faire aux autres ! » afin d’épargner à lui-même l’effort, les dépenses … et il te répéter souvent « si j’avais été moi à ta place je l’aurais fais pour toi ! ».
3 - Il ne communique pas clairement ses sentiments et opinions. Tu ne sauras jamais rien de ses souffrances. Il ne te révélera jamais ses points de faiblesses pour garder sa position de force. Il craint que les autres leurs fassent ce qu’eux-mêmes font.
4 - Ses réponses sont souvent de façon floue. Quant tu lui poses une question personnelle, un manipulateur ne répondra jamais clairement. Il veut tout savoir sur tout mais il ne dit rien sur lui-même. Ses réponses sont toujours d’une manière évasive.

5 - Ses opinions, ses comportements, ses sentiments… changent selon les personnes ou les situations.
6 - Il met en doute les qualités, la compétence et la personnalité des autres. Il te jugera ouvertement, te critiquera sans en avoir l’air et te dévalorisera. S’il d’agit de ton conjoint, alors il te répétera souvent : «tu n’est rien sans moi ! », s’il est ton collègue il te dira tout le temps : « je t’ai tout appris ! »….
7 - Face à une personnalité dominante ou qui l’a clairement identifiée, un manipulateur utilisera l’entourage commun pour arriver à ses fins. Il ne saura jamais affronter une personnalité forte ; par crainte d’être démasqué.
8 - Il sème la zizanie et crée la suspicion, divise pour mieux régner. Tous les rapports passent impérativement par lui ! Il doit rester le dominant dans sa famille, cercle d’amis…
9 - Lorsqu’il ne contrôle pas une situation, il réagira par la fuite, la démission, la rupture…
10 - Il joue souvent la victime pour qu’on le plaigne. Il se sert de l’empathie des autres pour atteindre ses fins.
11 - Il utilise les croyances profondes de son interlocuteur : religion, vécu, expériences, confidences… par exemple : « au nom de la religion, tu dois m’aider financièrement. Tu es un bon croyant et tu es généreux … ». Ainsi, tu te sentira contraint de l’aider.
12 - Il menace de façon déguisée ou en employant un chantage ouvert.

13 - Il change carrément de sujet au cours d’une conversation qui le concerne.
14 - Il n’aime pas les réunions et les sorties en groupes.
La raison est qu’il veut garder le pouvoir sur chacun ; et en groupe cela est difficile. Il va donc observer et n’échange pas un mot ?
15 - Il mentira sur ses échecs et ses souffrances. Il dira toujours que sa vie est magnifique et que tout va bien. Jamais il ne se dévoilera au grand jour. Il prêche le faux pour savoir le vrai.
16 - Il est d’un égo démesuré même dans ses rapports avec ses enfants.
17 - Il ne montrera jamais sa jalousie au sein de son couple, mais il coupera l’Autre progressivement de tout son entourage social pour être sûr de le dominer.
18 - Dans la bouche d’un manipulateur, la critique est un sujet qui revient souvent sur les autres, jamais sur lui-même. Il se met en colère pour le moindre jugement.
19 - Il est exigeant des autres (fidélité, écoute, évolution, partage, solidarité…) ; mais n’appliquera jamais cette même exigence dans ses actes.
20 - Il vous flattera pour vous  plaire, vous fera des cadeaux, se mettra soudain aux petits soins pour vous avant de vous demander quelque chose..

Source : Cliquez ici


Comment identifier une personne sous emprise ?

Avant d'aider une personne sous emprise, il faut pouvoir identifier que cette personne est sous emprise. Dans certains cas, cela tombe sous le sens, mais souvent, c'est totalement invisible, les choses empirant tout doucement, ce processus peut se mettre en place sur plusieurs années, il est toujours impératif de revenir au point de départ et évaluer l'évolution de la situation...

1 - La personne change de comportement : son discours n'est plus le même, ses habitudes non plus, elle critique des choses qu'elle appréciait auparavant, fait des actes allant à l'encontre de ses principes moraux, de ses valeurs, de ses habitudes...
2 - La personne change de style vestimentaire, se néglige physiquement : cesse de prendre soin de son apparence.
3 - La personne s'isole : elle voit de moins en moins de monde en dehors du cercle du manipulateur, si celui-ci est identifié, arrête ses activités extérieures, même si elle les adorait... Voit de moins en moins ses amis, sa famille...
4 - La personne se dévalorise, pense qu'elle ne vaut pas grand chose.
5 - La personne ne se sent pas heureuse, se dit peut-être déprimée, sent que quelque chose ne va pas sans pouvoir le nommer.
6 - La personne devient apathique : motivée pour de moins en moins de choses, fait de moins en moins de choses dans sa journée, reste sans rien faire, devant la télé par exemple, alors qu'auparavant elle était plutôt dynamique, meneuse.
7 - La personne a une fatigue récurrente latente sans raison valable.
8 - La personne prend ou perd du poids de façon anormale ou inhabituelle.
9 - La personne a des troubles du sommeil.
10 - La personne développe des maladies somatiques : maux de tête, de dos, maladies de peau, maladies du système sanguin...
11 - La personne commence une conduite addictive : alcool, cannabis...

Ces signaux peuvent laisser penser qu'il y a violences psychologiques et harcèlement moral, dont l'instauration d'une relation d'emprise.

Que faire si vous identifiez cette situation pour une personne à laquelle vous tenez particulièrement ?

N'oubliez pas que cette personne est sous emprise, que son fonctionnement cognitif est paralysé/parasité par celui de son manipulateur. Avec une personne sous emprise, il faut également faire le deuil d'une communication normale, sinon, cela se retournera contre vous.
Vous ne pouvez globalement rien faire, seule la personne sous emprise peut prendre conscience de sa situation et décider de la changer. Vous ne pouvez qu'être là et garder la porte ouverte.

1 - Ne surtout pas lui parler de front, ne pas lui dire qu'elle se trompe, lui dire qu'elle est manipulée, cela ne fera que renforcer l'emprise exercé sur cette personne, renforcer sa croyance que le monde extérieur est sinon dangereux au moins hostile.
2 - Ne pas exercer des pressions d'aucune sorte, ne pas utiliser la force verbale ou physique pour lui faire comprendre, c'est le meilleur moyen de voir les liens être coupés définitivement.
3 - Ne dites pas de mal du manipulateur, cela se retournera contre vous "tu vois ils ne m'aiment pas !"... Hé oui la preuve en est faite.
4 - Préserver le lien qui vous retient à elle coûte que coûte, c'est à vous de faire l'effort, car le manipulateur tente de couper ce lien pour parfaire une emprise totale. Pour préserver ce lien, il faut savoir ravaler sa fierté, mettre de l'eau dans son vin, etc. Accepter et puiser dans ses ressources internes. C'est dur et épuisant mais plus le manipulateur est fort, plus il tentera de briser ce lien et plus vos rapports avec lui seront psychologiquement violents. Feintez, cachez vous, évitez les attaques frontales, soyez malins, mais tenez. N'entrez jamais en guerre ouverte.
5 - Soyez patients, très patients... Tout se joue sur la durée. Tolérez la scène de destruction qui se joue sous vos yeux, ce n'est pas votre faute et vous ne pouvez rien y faire, seule la victime peut ouvrir les yeux. n'intervenez pas, cela se retournera contre vous.
6 - Replacez toujours la normalité, les limites saines, dans la conversation, l'air de rien. Racontez votre quotidien, vos joies et vos bonheurs, le manipulateur ne supporte pas le bonheur et la victime est privée de plaisirs, rappelez-lui que ça existe, faites étalage de vos émotions positives. Glissez dans la conversation des situations et des scènes en relation avec la réalité allant en contradiction avec son vécu : "oh un tel et une telle viennent de se marier, ils nagent dans le bonheur, elle rigole tout le temps, ils passent leur temps à se faire des petits bisous et à sortir" (= tu vois quels sont les rapports d'amour normaux dans un mariage ?), "tu te souviens de untel ? Il a été licencié - pas d'argent - mais en a profité pour s'offrir des vacances au soleil" (= le manque d'argent n'est pas un frein au bonheur ni à la liberté), "avec les copines, on a décidé de se faire une soirée fille à la salle de sport tous les jeudi soirs, on s'amuse comme des folles, ça fait du bien" (= c'est dommage que tu ne viennes pas, pourtant tu adorerais)... Je vous laisse composer en fonction du tempérament de la victime.
7- Rappelez-lui son passé, ce qu'elle aimait, les moments de bonheur partagés. Un rappel du bonheur ne fait pas de mal dans une situation où tout n'est que douleur et confusion, chagrin et monotonie. Cela permet de réveiller les sensations positives du passé, sensations oubliées, mais qui peuvent revenir, et pour lesquels elle doit se battre.
8 - Réveillez son esprit critique par des questions commençant par "et tu trouves ça normal que ... ?" ou "que penses-tu de ... ?". Le manipulateur la nie en tant qu'être pensant, donner-lui la possibilité d'exister et de s'exprimer. Réhumanisez-la.
9 - Complimentez-la. Même sous emprise, un compliment, une flatterie, ça fait toujours plaisir (et au passage ça renforce le lien). Sans compter que cela redonne un peu de vitalité à l'estime de soi, que le manipulateur piétine allègrement.

Bref usez et abusez de la manipulation positive...

Quand la victime commence à prendre conscience de la situation, qu'elle vous dit qu'il se passe des choses étranges dans sa vie, qu'elle ne va pas bien, ne minimisez pas ses dires, croyez-la. Dites-lui que la situation qu'elle vit n'est pas normale, ne parlez pas immédiatement de manipulation, ne critiquez pas immédiatement le manipulateur qui est encore tout puissant dans son esprit, et vers lequel elle pourrait repartir. Il semblerait que les victimes de manipulation se conduisent avec la manipulation comme des drogués avec leur produit. Ne criez pas victoire trop vite, attention à ne rien faire qui mette en danger votre lien à la victime. Celle-ci est dans une sorte de flou, elle ne sait plus ce qui est vrai ni ce qui est faux. Rappelez-lui que vous êtes là, que vous tenez à elle, que vous êtes à sa disposition pour l'écouter, mais ne forcez rien, ne jugez pas sa situation, ni ce qu'elle a pu faire pendant cette période, c'est elle et elle seule qui peut se débarrasser des liens qui la lient au manipulateur.

Comme toujours, usez et abusez de la manipulation positive...


Quand enfin elle exprime le souhait de partir, de sortir de l'emprise :

soyez présents ! Tendez la main, ouvrez votre porte et votre porte-monnaie (oui en général on sort de ce genre de relation plumé si ce n'est surendetté). Et soyez patients, très patients...
La victime doit se retrouver, retrouver ses repères dans la réalité, se réapproprier une intimité, reconstruite son âme, sa vie, faire face à la violence subie, se débarrasser de tous les comportements et toutes les peurs induites par l'agresseur... C'est un énorme travail (croyez-moi !).
Vous pouvez l'aider en :

1 - Étant patient et la laissant seule si elle le souhaite, même si elle se lève à midi, mange n'importe quoi, reste enfermée... Il faut se retrouver avec soi-même un long moment après avoir vécu l'omniprésence du manipulateur... L'intimité, le droit à la vie privée, c'est un bonheur sans nom.
2 - En étant à son écoute, même si elle ressasse et ne pas le lui reprocher... Parler, c'est évacuer une part du traumatisme.
3 - En lui proposant une aide psychologique, votre aide est certainement bénéfique, mais rien ne remplace un professionnel, et dans ces cas là, deux aides valent mieux qu'une.
4 - En lui proposant un retour progressif à une vie sociale : activité artistique, sportive, musicale... Éviter de lui parler argent et travail, elle n'est pas prête pour travailler à ce stade, elle a besoin de toute sa tête et de temps pour se reconstruire.
5 - En lui proposant des activités de loisir, des sorties, des balades, en lui donnant le droit de se réapproprier le plaisir.
6 - En lui réapprenant à vivre dans le monde réel : gestion des comptes, des papiers, les aides dont elle peut bénéficier...
7 - En lui ôtant tout sentiment de culpabilité : ce qu'elle a vécu n'est pas de sa faute, le manipulateur est un prédateur, cela peut arriver à tout le monde, le processus ne fonctionne que parce qu'il est indétectable au départ. N'hésitez pas à le rappeler... On ne le dit jamais assez !
8 - En lui apportant une présence affective, chose qu'elle n'a pas eu depuis longtemps.
9 - En lui renvoyant une image positive d'elle-même. Ai-je déjà dit : usez et abusez de la manipulation positive...?
10 - En reconnaissant son statut de victime, sa souffrance, le traumatisme en cours et la violence subie.
11 - En l'aidant à repérer et comprendre et nommer toutes les situations anormales subies, en parlant de la manipulation et en se documentant sur le sujet.

En tous cas, laissez la victime faire son chemin dans sa tête. Même si elle a l'air passive et apathique (c'est super dur de sortir de l'apathie), soyez assuré qu'elle n'a pas bravé toutes les phases de la sortie de l'emprise, réveillé sa force de vie, mis en œuvre toutes ses forces, pour rester à ne rien faire le reste de sa vie. C'est certain... A un moment, elle sera assez reconstruite pour que la vie reprenne le dessus. Mais ça peut être long, se compter en mois ou en années, mais ça viendra. La sortie de l'emprise rend fort !

Source : cliquez ici



Comment manipuler un manipulateur ou comment ne pas rentrer dans son jeu ?


Le manipulateur vous tend sans cesse la perche pour vous obliger à vous exposer en vous incitant à prendre personnellement les choses en main. Il se sert de vous pour réaliser ce qu’il ne veut pas faire, aussi veillez à ne pas vous engager, à lui répondre de manière imprécise, à l’image de son message qui est toujours incitatif, mais peu précis.

Il est important de limiter au maximum les contacts directs avec le manipulateur. Évitez les tête-à-tête, porte fermée, sans témoin. Pratiquez l’art de l’esquive en reportant, autant que faire se peut, les réunions en face à face.

Il vous incitera à communiquer, le plus souvent par écrit afin qu’il puisse garder des documents contre vous. Aussi, faites attention au contenu de vos messages ; en répondant sans réfléchir, par écrit, à ses ordres ou à ses réflexions orales, vous creusez votre propre tombe.

Il sait se protéger en ne laissant que le minimum de preuves derrière lui, il cherche à vous compromettre en constituant « un dossier accablant » constitué essentiellement de vos e-mails et de vos courriers. Attention à ne pas vous piéger vous-mêmes !

Dans les réponses orales à ses injonctions, refusez de rentrer dans le jeu :

1 -  Avant de chercher à vous justifier, observez-le et posez-vous ces questions : Quel est son problème? Que cherche-t-il à me faire dire ?

2 - Sachez rester dans le flou, comme lui d’ailleurs, ne répondez pas de manière directe si cela engage votre responsabilité de façon injustifiée.

3 -  Sachez répondre de manière impersonnelle en utilisant des phrases toutes faites, des proverbes. Amenez-le à apporter des précisions à son discours avec lequel il cherche à vous appâter.

4 -  N’utilisez jamais le « je ». Employez un pronom indéfini, comme le « on ».

5 -  Évitez l’agressivité, cela lui dira qu’il vous a atteint(e) et blessé(e).

6 - Sachez lui renvoyer de façon neutre son information. N’entrez pas dans la discussion qu’il cherche à engager.

7 -  À des questions concernant l’activité de votre entreprise ou la qualité de travail de vos collègues, ou la qualité de votre management, si vous ne pouvez pas faire autrement que vous taire, répondez par exemple :

« C’est votre opinion, on peut le croire, vous avez le droit de le penser, c’est possible, ça peut arriver, chacun ses goûts, ne vous inquiétez pas pour moi, j’ai la conscience tranquille, je n’en doute pas, c’est intéressant, mais que voulez-vous dire par là », ou quelques onomatopées passe-partout comme, « ah bon, incroyable, vous me l’apprenez, vous m’étonnez… ».

8 - Evitez de lui parler de votre vie privée ou de lui tendre la perche en exposant des photos personnelles. Des sites comme « Facebook », consultables par tous, constituent une arme terrible contre vous.

Vous l’aurez compris, il s’agit de ne pas lui fournir de prise sur vous.

9 - Ne faites pas rentrer son discours ou ses actes dans votre monde personnel, il cherche à vous obliger à prendre parti.

10 - Maintenez une distance suffisante pour vous permettre de rester spectatrice et non pas actrice.

La distance que vous mettrez entre le manipulateur et vous-même l’obligera, soit de se démasquer pour parvenir à ses fins, soit d’aller chercher ailleurs une autre victime.

Si vous l’amenez à sortir de sa prudence, sachez accumuler des preuves contre lui en gardant ses courriers électroniques, en ayant des témoins, et, pourquoi pas, en enregistrant ses discours ou en prenant des photos. Ce qui peut lui arriver de pire, c’est de se retrouver avec des preuves incontestables contre lui.

Alors, ne tombez pas dans le piège que le manipulateur vous tend.

D’une certaine manière, en appliquant ce qui est dit plus haut, la meilleure façon de se débarrasser d’un manipulateur, c’est de le manipuler.

Dr Henri PULL.



vendredi 13 janvier 2017

Crise de la communication ou communication de crise

CONFERENCE de NADEGE LARCHER*

« Être parents d’ados : Crise de la communication ou communication de crise »

Jeudi 19 janvier 2017 de 20 h à 23 h


A l’Espace Départemental Adoption 
26, boulevard Victor Hugo à Nantes 
Entrée libre et gratuite
Venez nombreux accompagnés de vos ados ! 

* Nadège Larcher est psychologue, spécialisée en développement de l’enfant et de l’adolescent. Elle est formatrice en communication bienveillante depuis 2009, et travaille au sein de l’Atelier des Parents depuis 2013.


mercredi 22 janvier 2014

Recette des sucettes au citron de Casimir

Recette des sucettes au citron de Casimir


Ingrédients :

  • 1/2 cuillerée(s) à café de jus de citron
  • 300 g de sucre semoule
  • 10 cl d'eau
  • 2 gouttes de colorant alimentaire bio
  • 6 - 8 gouttes d'essence de fruit bio (citron, orange...)
  • des bâtonnets en bois (type piques à brochettes)





Préparez tous les ingrédients avant de commencer la recette.

Coupez l'extrémité pointue des piques : il faut qu'elles aient une longueur de 10 cm environ.

Posez une feuille de papier sulfurisé sur votre plan de travail (ou mieux, un tapis en silicone).

Faites chauffez sur feu moyen, le citron, le sucre et l'eau dans une casserole bien propre à fond épais.

Lorsque le mélange commence à bouillir, ajoutez le colorant alimentaire, augmentez le feu et laissez cuire jusqu'à ce que le sirop atteigne une température de 160°C au thermomètre à sucre. (Si vous n'avez pas de thermomètre, plongez quelques gouttes de sucre cuit dans de l'eau très froide : les boules de sucre doivent être cassantes).

Lorsque le sucre est cuit, ôtez la casserole du feu et ajoutez quelques gouttes d'essence de fruit.

En vous aidant d'une cuillère à soupe, réalisez 2 disques de sucre cuit de 5 cm de diamètre (ou forme de votre choix, pensez aussi aux moules en silicone... ) sur du papier cuisson ou un tapis en silicone, enfoncez-y à plat un bâtonnet.

Poursuivre l'opération jusqu'à ce que vous ayez utilisé l'intégralité du sucre. Procédez de manière rapide, car le sucre durcit très vite et n'est plus du tout malléable !!

Laissez complètement refroidir les sucettes avant de les décoller et de les enrober, éventuellement, de papier cristal.

Lavez la casserole au plus vite !




mercredi 9 octobre 2013

NON, NON ET NON !!!!!


NON, NON ET NON !!!!!

Les phases structurantes de l'enfance et de l'adolescence

Patrick Juignet, Psychisme, 2011.

Le psychisme humain se construit progressivement depuis l’enfance jusqu’à l’âge adulte. On peut décrire cette construction selon quelques grandes phases évolutives. Par rapport aux stades classiques, nous proposons ici une approche plus synthétique et plus dynamique en considérant quelques grandes phases évolutives, qui aboutissent à des modifications structurelles du psychisme, caractéristiques du type de personnalité qui se dessine.
Ces phases permettent de bien cerner la psychogenèse au sens propre, c'est-à-dire la structuration du psychisme résultant de l’évolution de l'enfant dans l'environnement familial. Ces phases structurantes sont au nombre de cinq. Nous parlons de « phases » et non de stades, car il s’agit de processus dynamiques repérables par rapport à aux acquisitions qu'ils permettent.



PLAN DE L'ARTICLE



1. Phase précoce et structuration primitive 

Au début la vie est autocentré et symbiotique avec la mère. Il y a un autoérotisme pur, sans objet identifié avec recherche automatique du plaisir et fuite du déplaisir. Il n’y a pas d’individualité mais un vécu flou. À cette phase précoce commence la mise en place des fonctions de contrôle et de représentation primitive. 
Le fonctionnement psychique est de type archaïque avec la mise en place de l'opposition entre le plaisir et le déplaisir (souffrance). Puis, se constituent des proto-objets, liés à des imago partielles du corps maternel. La structuration primitive du psychisme associe la différenciation plaisir/déplaisir et permet la constitution des proto-objets bon et mauvais, qui eux-mêmes polarisent les pulsions libidinales et agressives. Tout est centré sur la nutrition, c'est le stade oral.
Il n'y a pas d'individuation. L'enfant se confond avec son environnement. Contrairement à la tradition freudienne, nous ne qualifions pas de "narcissique" le stade primitif d'indifférenciation. En effet, l’individuation, qui sur le plan métapsychologique correspond à la constitution du soi, institue une franche rupture avec ce stade. A la limite on pourrait parler de proto-narcissisme dans la mesure où une individuation somatique se met en place, de même qu'une distinction très partielle et progressive d'avec l'environnement vers la fin de cette phase.
La prescription de sortir de l'indifférenciation primitive, joue un rôle chez les parents, et tout particulièrement chez la mère, en guidant leurs attitudes vis-à-vis de l'enfant. Elle produit des effets en instaurant une distance entre la mère et l'enfant. Il est en effet d'emblée prescrit que la satisfaction du corps à corps mère-enfant connaît une limite et aura une fin.


2. Phase d'individuation et première triangulation

Commençant vers cinq à six mois, elle aboutit vers deux ans. La présence d'un tiers, sous la forme du père, favorise l’individuation. L’imago de soi et celle du du semblable humain se forment. Cette phase permet l'unification du corps propre ; il pourvoit l'enfant d'une limite et d'une identité qui le différencie des autres. 
C’est la fin du stade oral, amenée par le sevrage, qui entraîne des frustrations pulsionnelles. Comme précédemment, la prescription de séparation, le projet d'autonomie, aident la mère à sevrer l'enfant. La satisfaction orale de têter est moins fréquente, puis stoppée. La frustration qui en résulte est forte mais, le gain est important : c'est la défusion, l'individuation et le détournement de la pulsion orale vers un autre usage : la parole. L'apprentissage de la nourriture solide, selon un certain rituel (qui interdit de patouiller, détruire, jeter la nourriture, etc.), confronte l'enfant à des interdits et prescriptions qui canalisent la pulsion orale. Si c'est bien conduit l'effet positif est majeur, cette phase éducative va apaiser l'avidité : bien que limitée et canalisée, la pulsion orale trouve quand même satisfaction. Il n'y a donc pas d'alarme et une tempérance peut s'installer.  Du stade oral réussi naît un sentiment de sécurité, un optimisme et une bonne insertion dans un monde ressenti comme accueillant.
Le rôle parental (surtout maternel) d’apaisement tient une place importante au cours de cette phase. Grâce à l’apprentissage du contrôle des affects, l’enfant peut les diminuer et grâce à la symbolisation (représentation) qui commence à s'instituer, mais doit être fortement épaulée par les paroles parentales, il trouve un dérivatif et une moyen de maîtrise incomparable. La distinction entre imaginaire et réalité se met en place.
Le soi comme instance psychique différenciée se constitue au travers des premières identifications ou identifications dites "primaires". L’imago du semblable humain se forme et une intégration de cette imago vient constituer le noyau du soi. Cette phase permet l'unification du corps propre ; il pourvoit l'enfant d'une limite et d'une identité et le différencie des autres. Les imagos de soi et des autres enfants se constituent. Les deux sont en miroir ce qui provoque des sentiments d’identité par rapport à l’autre ou de jalousie.
L’objet se constitue et s’unifie. (Note de vocabulaire : Rappelons que la personne concrète constitue le référent objectal à partir duquel se constitue l'imago investie que nous nommons l'objet)  Une première passe se joue par rapport à la position dépressive : risque de destruction de l’objet devenu total qui entraîne angoisse de perte et dépression par effondrement de soi. À l’affect dépressif s’ajoute une angoisse de mort, d’anéantissement. L’apaisement représentatif venu de la mère est essentiel pour juguler ce type d’angoisse. En même temps qu’elle apaise l’enfant, elle permet une reprise représentationnelle du ressenti primaire. L’apaisement devient maintenant apaisement représentatif et symbolisant, au fur et à mesure que la capacité de représentation se met en place. La fonction réalitaire s’édifie également à ce moment .
Les parents et éducateurs doivent apporter une modération de la violence et le respect d'autrui. L'idée du respect intervient chez les parents : le respect de l'enfant lui permet de s'individualiser. Il intervient chez l'enfant : l'opposition agressive doit être modérée, tempérée, et interdite, si elle est trop forte. Un frein est mis sur les pulsions agressives. Limitée et canalisée la pulsion agressive doit quand même pouvoir se manifester car elle contribue à l'individuation. 
Lorsqu'on interdit à l'enfant de nuire aux autres enfants cela sous-entend de les respecter. L'agressivité,  la volonté de domination entre frères et sœurs et entre enfants, l'expression de la haine en rapport avec la jalousie primitive,  doivent être freinées au non du  troisième principe. Par là, la sociabilité et la coopération s'amorcent. L'enfant peut fréquenter d'autres enfants, échanger et jouer avec eux.
La période d’opposition avec le début du stade anal, permet de s'individuer et de marquer sa différence. Avec l'apprentissage sphinctérien l'enfant est confronté aux interdits et prescriptions qui canalisent la pulsion anale. Il est interdit de faire nimporte quand et n'importe où, de barbouiller, d'en mettre partout, et il est prescrit de faire au pot, puis aux WC. La pulsion anale trouve quand même satisfaction et se régule au fur et à mesure que la capacité physiologique de maîtrise s'accroit. La pulsion se trouve encadrée par des règles (qui sont culturellement variables), mais qui toutes imposent une régulation et une ritualisation.  
À la fin de cette phase, grâce aux capacités de cognitivo-représentationnelle qui s'amorcent l'enfant distingue pas seulement les rôles de l'enfant, de la mère et du père, mais aussi leurs statuts dans l'ordonnancement générationnel et familial. Il se produit une première "triangulation" des relations familiales grâce aux capacités de représentation qui permettent de distinguer et séparer les places de l'enfant de la mère et du père. Ces distinctions permettent d’envisager clairement les migrations de l’investissement narcissique survenant en contrepoint de l’évolution libidinale et de bien voir le rôle de l’autre par rapport à l’objet.
L’enfant commence à exister pour lui-même, il se sent séparé, il a des pensées, des sentiments, un corps à lui et agit en conséquence. Il peut maîtriser certaines de ses conduites et s’opposer aux autres et faire preuve d’une agressivité dirigée vers un autre reconnu comme tel. Mais il reste très fragile, dépendant d’une relation anaclitique aux parents.

Ces deux premières phases produisent une première structuration psychique. On peut retenir comme aspects essentiels : - l’individuation et l’identification primaire (constitution du soi) - le repérage des autres (autres enfant, mère, père) - la constitution de l’objet et une première élaboration du risque de perte - la mise en place de l’apaisement représentatif - la première triangulation avec identification du père - la hiérarchisation des pulsions (prévalence des pulsions  libidinales sur les pulsion
agressives. 

Si cette première structuration n’a pas lieu correctement le psychisme va s’organiser sur un mode psychotique. Dans l’enfance, un arrêt évolutif et une fixation à cette phase de cette évolution donne une psychose symbiotique ou déficitaire (voir les psychoses de l’enfant). Si l’évolution se poursuit, les remaniements ultérieurs donneront à l’âge adulte une psychose distanciée avec une persistance de l’incertitude identitaire, ou une personnalité paranoïaque grâce au colmatage défensif de la phase suivante.

3. Phase d'autonomisation, d’adaptation et de maîtrise

La seconde structuration correspond à l'autonomisation et à la maîtrise. Débutant vers deux ans, elle aboutit vers quatre ans. Elle assure une stabilisation narcissique ce qui, sur le plan économique et structurel, correspond à un investissement stable du soi. Le soi devenant plus solidement investi, l'enfant prend de l'assurance. L'instance régulatrice, le moi commence à assurer ses fonctions adaptatives, le principe de réalité prend le dessus le processus primaire commence a être contrebalancé par le secondaire.
Ce n’est qu’au cours de cette deuxième structuration que, la simple distinction de la réalité qui s’était amorcée précédemment se transforme en une fonction réalitaire efficace : elle permet de distinguer plus clairement la réalité, elle comporte maintenant une hiérarchisation entre imagination et réalité, et impose la nécessité de respecter la réalité. 
Dans la mesure où l’objet et son référent apparaissent il y a un risque de perte ce qui se retourne contre le sujet. Ce deuxième temps de l’élaboration du risque de perte d’objet porte maintenant sur le référent : crainte de sa disparition. Du fait de la meilleure symbolisation et de l'évolution de la fonction réalitaire, le rapport aux absences du référent objectal (la mère) se médiatise. Il utilise d'abord pour s'éloigner du parent un substitut transitionnel. L’élaboration de la position anaclitique dépressive est l’enjeu majeur de cette phase. Si tout se passe bien, l'enfant devient plus indépendant, il s'autonomise par rapport aux parents (surtout la mère) et supporte beaucoup mieux les séparations.
Sur le plan libidinal, cette phase comporte le stade anal tardif et le stade phallique. 
C’est le développement de l’homoérotisme, car le référent objectal, certes séparé et identifiable, n’a pas d’altérité vraie aux yeux du sujet. Les objets existent en effet indépendamment de l’autre et peuvent donc être désirés pour eux-mêmes. Il est d’ailleurs remarquable que les objets (les imago investies libidinalement) soient identiques pour le garçon et la fille. Ce sont des représentations des parties du corps. Étant conçu comme détachable du corps, ils peuvent être d’autant mieux assimilés à un référent identifiable sur les autres. L’enjeu (par rapport à l’autre) est de l’avoir ou de ne pas l’avoir. 

Sur le plan libidinal, cette phase comporte la fin du stade anal. Maintenant l'enfant peut se contrôler. Le stade anal tardif permet la maîtrise et le contrôle sur le fèces et, par extension sur le choses et les personnes. Il est souhaitable que ce contrôle ne résulte pas d'un dressage comportementaliste, mais de l'intégration d'une règle commune, selon laquelle, tous les humains, pour des raisons d'hygiène et de sociabilité, font leurs besoins en un temps et un lieu déterminé Plus largement, l'enfant s'autonomise dans tous les soins corporels (se laver s'habiller, manger , s'essuyer, etc.). La frustration de ne plus recevoir ces soins est compensée par l'autonomisation et le statut de "grand" qu'il acquiert, l'entrée dans la société des adultes.


Le stade début du phallique y fait suite, vers trois à quatre ans, avec la différenciation et l'investissement des organes génitaux. Il débute vers le milieu du stade d’autonomisation narcissique au moment du passage vers le narcissisme secondaire. Il est donc à cheval sur les deux narcissismes, ce qui explique les difficultés de cette étape et le lien qui se fait entre possession du phallus et narcissisme. Le renoncement au premier pouvant entraîner une atteinte du second. L'encouragement à choisir et à se situer selon le premier principe véhiculé par les parents et l'entourage, aide l'enfant à se positionner.
Si tout se passe bien et que l'enfant fortifie son sentiment d'être bon et valable, il devient indépendant des parents, le rapport au monde s'organise de manière satisfaisante (le monde est perçu comme bon et acceptable). En ayant un objet idéalisé très bon, il se sent protégé ce qui lui permet de se sentir lui-même valable et de pouvoir vivre sans la présence du parent. Le monde qui commence à apparaître est lié sur le plan affectif au parent maternant. Il lui paraît vivant et suffisamment stable pour que l’on puisse agir sur lui. L’enfant prend confiance dans son action.
Devenant plus actif, il doit acquérir un savoir-faire ce qui entraîne une série d'interdits et de prescriptions sur ses actes, de la part des adultes. Ces limitations pour être constructives, doivent être rapportées à l' incapacité temporaire de l'enfant et aux dangers encourus. Cela signifie qu'il lui est interdit de se nuire. L'injonction de respecter les autres doit être réitérée, car la volonté de domination, la jalousie, restent fortes et doivent continuer à être freinées. La sociabilité et la coopération avec les autres enfants peuvent ainsi progresser en lieu et place du rapport animal de domination en meute. Le respect de soi-même et des autres se forge.
Au cours de cette deuxième structuration, on assiste à plusieurs acquis fondamentaux : - une stabilisation du soi comme instance identitaire - un développement des capacités de mentalisation et de la fonction imaginative  - l’apparition des possibilités de régulation et d’action du moi  - la deuxième élaboration du risque de perte d’objet portant sur le référent - l’acquisition du principe de réalité - une évolution libidinale du stade anal au stade phallique.

Un ratage de cette seconde structuration conduit vers les formes psychiques intermédiaires, soit « état-limite » par défaillance de la stabilisation narcissique, soit une organisation somatisante si les possibilités de représentation sont gravement mises en défaut.


4. Phase structurante de la sexuation et de l’œdipe

La troisième phase structurante est celle de la sexuation, de la consolidation narcissique et de l'œdipe qui aboutit à une secondarisation des processus et une intégration de la Loi par l'enfant. C'est le point crucial : les principes sont intégrés, ce qui se fait de deux manières : ils sont à la fois reconstruit par l'enfant à partir de ses capacités cognitives devenues suffisantes et adoptés de façon à faire partie intégrante de sa personnalité. Le surmoi se remanie en perdant son caractère purement répressif : une assimilation des interdits se produit ainsi qu'une une intégration de la Loi constitutive.  
Sur le plan libidinal, se succèdent la fin du stade phallique et le conflit dit œdipien qui sont très imbriqués. Le découverte de la différence des sexes commencée vers trois ans devient maintenant la certitude consciente  et revendiquée d'appartenir à l'un des deux sexes. Cela s'accompagne nécessairement du choix d'un genre adapté au sexe. Ce dernier aspect n'a rien d'automatique et il faut que les parents éduquent l'enfant dans ce sens, car le genre (féminité, masculinité) est acquis. Le premier principe prescrit à chacun d'adopter le genre correspondant à son sexe.
Une véritable triangulation des relations se constitue alors. Le moi devient efficace et la soi intègre des identifications sexuées. La baisse de l’idéalisation excessive favorise les identifications réalistes. Le surmoi se remanie en perdant son caractère mortifère : une assimilation des interdits se produit et une véritable intégration de l'ordre symbolique (la loi constitutive) peut avoir lieu. Le rôle interdicteur du père est net au moment du conflit œdipien que ce soit pour le garçon ou pour la fille. Dans les deux cas le père doit être porteur de l'interdit de l'inceste qui sera intégré par l'enfant.
Le déroulement du conflit œdipien n'est pas le même pour la fille et le garçon. Il est l'effet direct de la Loi constitutive sur l'évolution pulsionnelle et les relations familiales. 
Par identification le garçon veut faire comme son père et donc comme son père avec sa mère. D'autant qu'il ressent une attirance et que se manifestent des pulsions urétrale péniennes. Si le père a des relations génitalisées avec sa femme, c'est le bon modèle qui se propose au garçon. Nous admettons ici que ce soit le cas (en l'absence de ce modèle il y a problème). Le conflit œdipien vient de ce que selon la Loi le garçon doit y renoncer. L'aspect répressif existe aussi et se traduit chez le garçon par la crainte de la castration comme rétorsion possible. Cette crainte favorise le refoulement pulsionnelle. Ce dernier est également permis par l'attitude parentale qui montre d'évidence l'impossibilité de toute satisfaction sexuelle avec la mère.  
Pour la fille les pulsions urétrale vaginales sont liées au désir d'avoir un enfant comme sa mère.  D'abord  elle attend cela de sa mère. Il faut qu'elle se rende compte de l'impossibilité et de la différence d'attribution du pénis phallus pour ensuite se reporter vers le père (les hommes) C'est la problématique du changement d'objet et d'acception de son sexe féminin (sans pénis/phallus). À partir de là, le déroulement est le suivant : Par identification la fille veut faire comme sa mère (ce qui implique de conquérir le père). C'est le bon modèle qui se propose à la fille, mais naît alors le conflit œdipien, car selon la Loi la fille doit y renoncer. Il s'ensuit une période de coquetterie et d'attitudes séductrices envers le père et les hommes en général. Il faut expliquer à l'enfant que c'est radicalement impossible et qu'elle devra attendre d'être grande pour rencontrer un garçon de son âge.

Comment l'interdit agit-il pour les enfants des deux sexes ?   Selon le principe d'égalité, il y aurait droit. Il faut donc que soit clairement énoncé la différence des générations l'enfant n'appartient pas à la même génération que l'adulte. De plus, au sein de la famille, ils sont dans un rapports particuliers qui est celui de la filiation. C'est au nom de ces deux principes d'ordre dans les générations et d'ordre du lignage (filiation) que se justifie les différences de statut et de conduites. Il y a un interdit entre parents et l'enfant. Cet interdit doit s'assortir d'une autorisation prescriptive qui prépare l'avenir : plus tard tu seras un homme ou une femme (passage à la génération des adultes) et tu pourra avoir des partenaires (hors de ta famille). Ainsi la famille s'ouvre vers les autres. Le rôle interdicteur des parents, et des adultes en général (y compris des éducateurs), mais surtout du père, doit être net et explicite au moment du conflit œdipien, que ce soit pour le garçon ou pour la fille. Dans les deux cas, le père doit être porteur implicitement et explicitement de l'interdit de l'inceste, qui sera intégré très facilement par l'enfant.
La résolution oedipienne a un retentissement sur la fonction réalitaire et la secondarisation qui se stabilisent. La structure psychique est au terme de sa constitution. Toutes les grandes fonctions sont alors en place et toutes les instances sont constituées. L’autre est placé dans l’ordre symbolique et pourvu d’une altérité reconnue, ce qui institue une différence radicale dans le rapport intersubjectif.
À partir du stade génital, c’est le corps global sexué qui est en jeu dans les imagos et la structure fantasmatique organisant les pulsions libidinales. Le phallus cesse d’être imaginairement détachable et vient se fixer sur l’homme, alors que les attributs féminins viennent se fixer sur la femme. Le corps devient corps sexué et cette imago constitue l’objet organisant le désir. L’objet perd son aspect partiel et devient selon le terme convenu "génitalisé" ; il se donne pour référent le corps de l’autre, mais à ce stade c’est un référent qui n'est encore que partiellement pourvu d’altérité.
Une résolution œdipienne favorable apporte un gain considérable concernant le fonctionnement psychique tant du point de vue de la dynamique et de l’économique. La congruence des instances entre elles apporte a et un effet de renforcement positif entre le moi le soi et l’idéal et libère une énergie importante. Il s’ensuit un silence psychologique signe de bonne santé et une ouverture vers les acquisitions cognitives.
Rappelons que, les principaux acquis de cette période sont : - l’évolution du soi (consolidation et identification sexuée) - le renforcement du principe de réalité - la secondarisation du surmoi et l'intégration de la Loi constitutive - le remaniement génitalisé de la structure fantasmatique.
Une réussite de cette structuration conduit vers une organisation psychique  névrotique équilibrée et un ratage vers une organisation psychique  névrotique conflictuelle souffrant des symptômes. Si il y a échec dans la résolution du conflit œdipien, l'enfant restera a un stade homo érotique à la recherche de satisfactions auto centrées, selon deux possibilités relationnelles soit par un même que lui (homosexualité) soit par un autre différent, mais qui sera un substitut parental. Il ne se sentira pas bien inscrit dans la Loi et donc dans la société. La personnalité se construira selon deux formes possibles  : - sur un mode pervers : modalité et un choix d'objet régressif et irrespect de la Loi et d'autrui. - soit sur un mode névrotique  avec une persistance du conflit qui donnera des conduites et symptômes dont le sujet souffrira. 
Après cette phase évolutive mouvementée, il s'ensuit une période plus calme (qu'on appelle latence). L'interdit freine l'aspect partiel, centrifuge, homoérotique (concernant  une partie du corps, tourné vers soi, avec un autre (référent objectal) identique ou instrumentalisé), qui reste malgré tout présent, car la réalisation génitale est impossible et reportée à plus tard. La stabilisation pulsionnelle et narcissique amène un moment de stabilité qui permet une ouverture vers les activités praxiques et cognitives de tous ordres (en gros de six à treize ans).
S'il y a échec dans la résolution du conflit œdipien, l'enfant restera a un stade homo érotique à la recherche de satisfactions auto centrées, selon deux possibilités relationnelles soit par un même que lui (homoxexualité) soit par un autre différent, mais qui sera un substitut parental. Il ne se sentira pas bien inscrit dans la Loi et donc dans la société. Une évolution perverse peut se faire par une modalité et un choix d'objet régressif et surtout du fait de l'absence d'intégration de la Loi. 

5. La phase de reprise et d’achèvement

On peut considérer l'adolescence et le début de la vie adulte comme phase  de reprise qui parachève les phases précédentes. 
C'est le moment où d’importantes oscillations narcissiques peuvent avoir lieu en attendant que le soi se conforte définitivement. Il y a une recherche de valorisations, qui doivent trouver un support réaliste pour être stabilisatrice ( dans les diverses réussites : études, sport, vie professionnelles, art, réalisations concrètes, etc. Il est utile qu'elles soient guidées et encouragées, en respectant les choix du jeune. Les identifications à des super héros imaginaires ne sont pas propices à cette stabilisation.
La phase d'opposition aux parents et aux adultes pousse le jeune à transgresser les codes sociaux, les lois normatives.  Il est indispensable qu'il reste des adultes tutélaires référents (éducateur, médecin), si les proches sont plus ou moins disqualifiés par cette contestation pour rappeler le bien fondé de la Loi constitutive. Si les phases précédentes se sont bien passées, cette opposition donnera lieu à des transgressions mineures, à des manifestations d'originalité qui peuvent être créatives. 
On voit reprendre dans les bandes d'adolescent ce qui se jouait au début de la socialisation, la reprise du rapport de domination directe et de la jalousie. L'injonction de respecter les autres doit être réitérée. Cette affirmation dans la classe d'âge et le besoin de valorisation conduisent à des prises de risque, surtout chez les garçons.  
Il se joue, concernant la sexualité, le passage de l'aspect partiel, centrifuge, homoérotique (concernant  une partie du corps, tourné vers soi, avec un autre (référent objectal) identique ou instrumentalisé), vers la réalisation génitale hétéroérotique (avec un autre différent de soi) hétérosexuée (de l'autre sexe et genre que le sien). Le référent objectal est le corps global et hétérosexué d'une personne qui possède une altérité vraie et une inscription dans l'ordonnancement symbolique humain : on entre dans une hétérosexualité au sens plein du terme. 
Le jeune acquiert et doit assumer les caractères de la masculinité et la féminité, qui permettront qu'on s'adresse à lui comme à une personne féminine ou masculine et désirable à ce titre. Si le déroulement va à son terme, il y a adoption de la féminité ou de la masculinité (identité de genre), intégration de la loi constitutive. Sauf qu'actuellement la loi normative ne prescrit plus d'adopter un genre conforme à son sexe, ni à un choix d'objet hétérosexué et ce qui rend l'arrêt évolutif, ou la régression, légitimes.   
L'autonomisation est remise sur le tapis, puisqu'il est question de la mettre en pratique en quittant le foyer parental et en menant un vie indépendante. Des tentatives partielles sont en général nécessaires. Surmonter ces épreuves amènera une autonomisation complète et la confortation narcissique nécessaire pour mener une vie d'adulte indépendant. 
Le jeune est confronté à la réalité sociale avec ses imperfections. Il comprend qu'il faut s'y adapter, ce que ne veut pas dire être conformiste ou cynique, mais plus réaliste et abandonner les idéaux trop absolus de l'enfance. La encore les conseils des adultes sont utiles.
Si tout se passe bien il y a : - une consolidation narcissique définitive - oubli de l'œdipe et entrée dans un statut d'adulte sexué - intégration de la Loi constitutive - une sexuation harmonieuse (identité de genre adaptée au sexe), - la séparation entre représentations imaginaires et réalité. Cela correspond à une personnalité névrotique équilibrée. 
L'adolescence peut prendre une tournure violente et chaotique si les phases précédentes se sont mal déroulées. Les adultes sont souvent surpris par cette explosion. Les possibilités d'action de l'adolescent rendent les manifestations spectaculaires, si précédemment les freins pulsionnels n'ont pas été mis en place. On observe parfois une fuite dans l'addiction. S'il n'y a pas de rattrapage éducatif l'évolution mène vers la consolidation de ce qui s'est préparé dans l'enfance vers une organisation de la personnalité selon l'un des modes possibles : névrotique pathologique, intermédiaire (limite et pervers), ou psychotique.  


Conclusion : une vision d'ensemble
Les grandes phases permettent d’avoir une vision simplifiée de la psychogenèse (la genèse du psychisme) et d'évaluer l’évolution de l’enfant. Dans la clinique de l'adulte leur reconstitution donne des indications majeures pour le diagnostic et les résultats envisageables d'une psychothérapie dynamique. Sur le plan de la chronologie, ces phases s'enchaînent tout en se chevauchant et se complètent l'une l'autre. Les problèmes à une phase précoce vont entraîner des difficultés dans les suivantes. L'âge est, dans une certaine mesure, secondaire, l'important étant que les processus qui viennent structurer le psychisme se produisent effectivement. Des reprises peuvent avoir lieu ultérieurement, mais de manière limitée. 
Les perturbations des deux premières phases structurantes conduisent généralement vers une organisation psychique que l'on peut placer vers le pôle psychotique. Des problèmes lors de la troisième structuration conduisent à une organisation psychique que l'on place vers le pôle intermédiaire. Et enfin, c'est la quatrième phase qui conduit à une organisation psychique que l'on peut placer vers le pôle névrotique. La dernière phase, peut donner lieu à des difficultés, dont l'issue dépendra principalement des phases précédentes (régressions partielles vers l'une d'elle). 


Réaffirmons le une fois de plus, afin qu'il n'y ait aucune ambiguïté, nous parlons ici des évolutions et des formes d'organisations psychiques qui se construisent chez l'enfant et l'adolescent dans ses relations avec l'entourage, en dehors de tout trouble neurobiologique. 

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